à quelques pasde chez vous

Tanger : derrière les remparts, une ville de passages.

Maroc · Tanger-Tétouan-Al Hoceïma

Tanger

35° 47′ N, 5° 49′ O

Des murailles aux ruelles de la médina, Tanger se découvre par ses seuils, ses étals et ses contrastes de lumière. Une promenade photographique à hauteur de rue.

Les murailles et les façades blanches dessinent deux strates de la ville.

Photographies · décembre 2024

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Commencer au pied des murs

Une muraille, des palmiers et des bâtiments blancs superposés : la première image donne de Tanger une lecture presque géologique. Les pierres du rempart forment une base épaisse, tandis que les étages habités composent une ligne plus irrégulière contre le ciel. La ville ne se présente pas comme une façade unique. Elle s’élève, se décale et ménage des ouvertures que la promenade permettra peut-être de retrouver de l’autre côté.

Les photographies de décembre 2024 suivent ce passage entre les grands espaces et les rues plus resserrées. Tanger, au nord du Maroc, est présentée par l’Office national marocain du tourisme comme une ville de rencontre entre influences méditerranéennes, atlantiques, africaines et européennes. Dans cette série, ce sont d’abord les formes concrètes de la ville qui retiennent l’attention : les murs, les portes et les objets installés devant les boutiques.

Une rue commerçante de la médina : les objets et les enseignes accompagnent le passage.
Une rue commerçante de la médina : les objets et les enseignes accompagnent le passage.

La médina, une ville que l’on traverse

Depuis les hauteurs, les façades de Tanger se prolongent vers l’horizon.
Depuis les hauteurs, les façades de Tanger se prolongent vers l’horizon.

Dans les rues commerçantes, l’espace paraît plus étroit qu’il ne l’est sur un plan. Les tissus, les présentoirs et les marchandises avancent vers le passage ; les enseignes attirent le regard en hauteur. La photographie ne sépare pas les façades de ce qui se passe devant elles. Elle les montre ensemble, comme les éléments d’un lieu utilisé et transformé chaque jour.

La médina et la kasbah ne désignent pas exactement la même chose. La première correspond à la ville ancienne ; la seconde est son secteur fortifié, sur les hauteurs. L’ONMT les associe au parc de la Mendoubia parmi les repères de cette partie de Tanger. Pour préparer une promenade, cette distinction aide à comprendre les changements de niveau et les passages entre les quartiers, sans réduire la découverte à un seul point d’arrivée.

Dans une boutique, les objets composent une mosaïque de couleurs et de matières.
Dans une boutique, les objets composent une mosaïque de couleurs et de matières.

Dans les boutiques, regarder les assemblages

Tapis déployés au sol et tissus alignés devant une boutique de la médina.
Tapis déployés au sol et tissus alignés devant une boutique de la médina.

Une boutique rassemble des plats, des sacs et de petits objets colorés. Le cadrage frontal transforme l’ensemble en une composition dense : les formes rondes répondent aux rectangles, les couleurs franches aux matières plus sombres. Ailleurs, les rouleaux de tissus et les tapis occupent le bord de la rue. Leur répétition donne une profondeur différente à l’image, comme une série de plans successifs.

Ces photographies montrent des objets proposés à la vente. Elles ne suffisent pas à identifier leurs ateliers d’origine, leurs techniques exactes ou les personnes qui les ont fabriqués. Ce serait précisément le sujet d’un autre récit, construit autour d’une rencontre avec un artisan. Ici, on peut déjà observer les façons de présenter, d’empiler et d’associer : tout un travail visuel accompagne la relation avec le passant.

Un encadrement décoré donne à une porte sa présence dans la rue.
Un encadrement décoré donne à une porte sa présence dans la rue.

Les portes, de petits monuments dans la rue

Un chat se repose au seuil d’une porte, entre ombre et lumière.
Un chat se repose au seuil d’une porte, entre ombre et lumière.

Une porte sombre, entourée d’un arc et de motifs, devient un sujet à part entière. Le contraste entre le battant et son encadrement concentre l’attention sur le seuil. L’image rapproche des matériaux, des couleurs et des lignes que l’on pourrait manquer en marchant. Le décor ne couvre pas tout le mur : il indique un endroit précis, celui où l’on passe de la rue à l’intérieur.

Un peu plus loin, des pots peints et des plantes installés contre une façade composent une autre entrée en matière. Le blanc du mur sert de fond aux feuillages et aux touches de turquoise ou de vert. À cette échelle, Tanger ne se raconte plus par ses monuments les plus connus, mais par les usages des habitants et les arrangements qui donnent au passage son caractère. Il faut regarder sans confondre invitation visuelle et accès à un espace privé.

Les plantes et les pots colorés prolongent la façade jusque dans le passage.
Les plantes et les pots colorés prolongent la façade jusque dans le passage.

Une ville de regards, au-delà des images attendues

Palmiers, bancs et minaret : une respiration dans la promenade tangéroise.
Palmiers, bancs et minaret : une respiration dans la promenade tangéroise.

Tanger a marqué l’histoire de nombreux artistes et écrivains. L’office de tourisme cite notamment Delacroix, Matisse et Paul Bowles parmi les figures liées à la ville. Ce voisinage culturel donne envie de prolonger la promenade par un musée, mais il ne faut pas chercher à faire coïncider chaque rue avec une œuvre connue. Les photographies présentées ici gardent leur propre sujet : une ville rencontrée en décembre, dans ses espaces publics.

Pour explorer ce lien entre voyage et création, la Fondation nationale des musées référence Dar Niaba, musée des artistes voyageurs. Sa programmation est à vérifier avant la visite. Ce prolongement culturel ne suppose pas que l’intérieur du musée figure dans la série : il ouvre une possibilité à partir des questions soulevées par la promenade, celles du regard porté sur une ville et des images que l’on en rapporte.

Au pied de la médina, les arcades ménagent une transition entre la place et les murs.
Au pied de la médina, les arcades ménagent une transition entre la place et les murs.

Retrouver une ouverture

La dernière vue revient vers les arcades et les façades situées au pied de la médina. Après les cadrages serrés sur les étals et les portes, la place redonne de l’espace aux silhouettes. Cette respiration fait partie du récit autant que les détails. Elle permet de relier les fragments observés à la forme plus vaste de la ville.

Pour composer votre propre découverte, alternez une vue d’ensemble, un passage et un détail. Gardez un repère sur la carte, consultez les informations pratiques de l’ONMT et prenez le temps d’échanger avant de photographier quelqu’un de près. Les plus belles images ne demandent pas toujours d’aller plus loin : parfois, elles commencent au moment où l’on cesse de traverser une rue pour vraiment la regarder.

Photographies : Jean-Marie Siraut, décembre 2024.

Prolonger la découverte

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