Photographies · juillet 2022
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Le beffroi donne la mesure
Dans le paysage de Calais, le beffroi impose une verticale. La brique, les pierres claires et les détails de la toiture forment une silhouette immédiatement reconnaissable. À ses pieds, l’hôtel de ville déploie au contraire une longue façade. La photographie rapproche ces deux échelles : celle du repère que l’on aperçoit au loin et celle des ouvertures que l’on peut observer une à une.
Le guide patrimonial de Calais permet de comprendre cet ensemble et son architecture. Pour le regarder sans se limiter à une vue de face, il suffit de changer légèrement de position : la tour se rapproche d’un pignon, une toiture en cache une autre et le monument retrouve son épaisseur.


Six figures dans la ville
Devant l’hôtel de ville, les Bourgeois de Calais d’Auguste Rodin déplacent l’attention vers les corps. Les figures partagent un même socle, mais leurs gestes ne disent pas tous la même chose. Une tête se baisse, une main s’ouvre, un pas semble suspendu. Le groupe gagne à être observé en tournant autour de lui.
Le musée Rodin rappelle que le monument, achevé en 1889, a été installé à Calais en 1895. Son sujet renvoie au siège médiéval de la ville. Dans les photographies, c’est surtout la manière dont la sculpture rend visibles des attitudes individuelles qui retient le regard : l’histoire collective conserve plusieurs visages.


Entre deux monuments
Les rues donnent une autre image de Calais. Les façades colorées et les détails rencontrés entre les grands repères réintroduisent une échelle familière. Cette partie de la promenade compte autant que les monuments : elle évite de transformer la ville en catalogue d’attractions isolées.
Une série photographique peut garder ce rythme. Après la masse d’un édifice, une devanture ; après un ensemble de statues, un fragment de rue. Les images n’ont pas toutes besoin d’être spectaculaires. Les plus discrètes permettent parfois de comprendre comment les lieux se relient et comment on passe de l’un à l’autre.

Le Dragon change les proportions
Sur le front de mer, le Dragon de Calais appartient à une tout autre famille de présences. Sa tête domine les promeneurs, ses écailles composent une surface irrégulière et sa mécanique reste perceptible. Le contraste entre la créature et les personnes qui l’entourent donne immédiatement son échelle.
La Compagnie du Dragon présente cette création de François Delaroziere comme une machine faite notamment de bois et d’acier, animée par des opérateurs. La prouesse n’efface donc pas le travail humain. Regarder une articulation ou la place d’un machiniste enrichit la rencontre autant que contempler la silhouette entière.

Retrouver le bord de mer
Les vues du littoral ouvrent enfin le cadre. Après les détails du bronze et les volumes de la machine, les lignes du front de mer laissent davantage de place au ciel. Calais apparaît alors comme une ville où le patrimoine, les espaces de promenade et la création contemporaine peuvent se répondre.
Ces photographies datent de juillet 2022. Pour une prochaine sortie, consultez les informations de Calais XXL et de la Compagnie du Dragon : les horaires et les modalités de visite évoluent. On peut construire sa promenade autour de ces deux pôles, l’hôtel de ville et le littoral, tout en laissant aux rues intermédiaires le temps de raconter leur propre histoire.

Photographies : Jean-Marie Siraut, juillet 2022.


