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Pigments de CirkVOST : dessiner dans le ciel de Cergy.

France · Île-de-France

Cergy

Au festival Cergy, Soit !, une structure métallique devient un espace de circulation pour les corps. Retour en images sur Pigments, de CirkVOST, en septembre 2023.

Pigments de CirkVOST dans la nuit de Cergy.

Photographies · septembre 2023

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Avant le premier envol

Une charpente dressée dans le parc, des bancs encore libres, un ciel qui commence à foncer : la première image contient déjà une partie du spectacle. À Cergy, le dispositif de Pigments ne cherche pas à se cacher. Il occupe le paysage et annonce une autre manière d’habiter l’espace. Les arbres restent présents derrière le métal ; plus tard, la nuit les effacera presque entièrement.

Le programme de Cergy, Soit ! 2023 situe cette représentation de CirkVOST le 16 septembre, dans le parc François-Mitterrand. Il présente douze artistes évoluant sur une structure de quinze mètres. Ces repères donnent la mesure du dispositif, mais les photographies racontent surtout les relations qui s’y dessinent.

L’installation avant la représentation, dans le parc François-Mitterrand.
L’installation avant la représentation, dans le parc François-Mitterrand.
Les premières figures se détachent sur le bleu du soir.
Les premières figures se détachent sur le bleu du soir.

Le métal comme partition

Les traverses délimitent des positions, les câbles tracent des diagonales et les agrès ouvrent des trajectoires. Vu depuis le sol, l’ensemble peut d’abord paraître compliqué. Puis un corps se détache, une ligne se tend, un autre artiste attend : la construction devient lisible par l’action. Chaque élément trouve un rôle dans ce réseau aérien.

Il y a une différence entre photographier la structure vide et la retrouver occupée. Dans le premier cas, on voit une architecture provisoire. Dans le second, les distances deviennent des gestes possibles. Les images successives permettent de comparer ces états sans prétendre expliquer les techniques de voltige. Elles montrent ce que le déplacement fait à la forme.

Une trajectoire au milieu de la charpente.
Une trajectoire au milieu de la charpente.
Les projecteurs redessinent la structure métallique.
Les projecteurs redessinent la structure métallique.

Un ciel qui change de couleur

Au début de la série, le bleu du soir garde une place importante. Les costumes s’en détachent tandis que la charpente conserve sa propre silhouette. À mesure que le fond s’assombrit, les projecteurs isolent les artistes et les parties éclairées du métal. Le même cadre semble alors contenir moins de matière, mais davantage de mouvement.

Cette transformation appartient pleinement au regard photographique. Un corps suspendu devient un trait, deux figures dessinent un intervalle, plusieurs positions composent une constellation. L’image arrête ces configurations ; elle ne remplace ni leur durée ni la musique du spectacle. C’est justement cet écart qui rend la série intéressante : elle révèle des dessins très brefs au sein d’une action continue.

Plusieurs présences se répondent dans l’espace aérien.
Plusieurs présences se répondent dans l’espace aérien.
Le corps suspendu transforme le câble en ligne de lecture.
Le corps suspendu transforme le câble en ligne de lecture.

L’équilibre est une affaire collective

L’œil cherche volontiers la personne qui vole. Pourtant, les autres présences comptent autant : celles qui attendent, réceptionnent ou préparent une transition. Observer les bords du cadre change la lecture. La performance ne repose plus sur une figure héroïque isolée ; elle devient une organisation de corps attentifs les uns aux autres.

Ce partage se prolonge au sol. Dans les dernières vues, les silhouettes du public réapparaissent sous l’installation. Elles restituent son échelle et rappellent le contexte du festival. Un parc ordinaire devient, pendant une soirée, un lieu où plusieurs centaines de regards peuvent suivre le même point dans l’air, chacun depuis une position différente.

Une figure de voltige parmi les diagonales.
Une figure de voltige parmi les diagonales.
Les mouvements composent un dessin collectif.
Les mouvements composent un dessin collectif.

Garder la trace, retrouver le spectacle

Ces photographies conservent un moment précis de septembre 2023. Elles donnent envie de découvrir le travail de CirkVOST, mais ne constituent pas le programme d’une prochaine édition. Le site du festival permet de préparer une nouvelle visite et de vérifier les lieux, horaires et éventuelles réservations.

Pour regarder un spectacle aérien, on peut se donner un petit défi : suivre d’abord un artiste, puis un agrès, puis l’ensemble. Ces trois lectures ne racontent pas la même chose. Le souvenir gagne en relief lorsque la prouesse rejoint la composition collective et le lieu qui l’accueille.

Le public retrouve sa place dans le cadre.
Le public retrouve sa place dans le cadre.

Photographies : Jean-Marie Siraut, septembre 2023.

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