Photographies · octobre 2023
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Un conteur qui ne tient pas en place
Le visage, le costume et les mains attirent immédiatement le regard. Dans les photographies prises au Palace de Montataire en octobre 2023, le personnage semble concentrer sur lui une grande partie de l’espace. Le décor laisse la place à une présence qui peut devenir tour à tour insistante, décalée ou inquiétante.
La série est courte. Elle ne prétend pas restituer tous les épisodes du spectacle, mais permet de saisir plusieurs états d’un même corps. Entre deux images, l’expression et la posture changent assez pour déplacer la relation avec le public. Le portrait d’un clown se construit ici dans cette instabilité.

Une petite histoire qui déborde
La présentation du spectacle par ART EN PROD annonce un solo de Typhus Bronx dans lequel une histoire ancienne ressurgit. Le conteur perd le fil, s’emmêle dans les mots et se laisse entraîner par ses émotions. Raconter devient donc une action risquée, capable de déborder celui qui pensait la maîtriser.
Le titre, La petite histoire qui va te faire flipper (tellement qu’elle fait peur), joue déjà de cet excès. Il promet une peur formulée avec une insistance presque enfantine, sans que le spectacle doive pour autant être considéré comme destiné aux petits. Le registre et l’âge conseillé sont à vérifier auprès du lieu de programmation.

Le clown comme trouble-fête
Le site de Typhus Bronx présente un personnage impulsif, traversé par des émotions qui prennent beaucoup de place. Cette ligne artistique invite à sortir de l’image du clown uniquement rassurant. Le rire peut naître d’un débordement, d’un malaise ou d’un comportement qui dérange les règles de la conversation.
La photographie ne dit pas à quel instant la salle rit. Elle montre en revanche les moyens visuels de cette adresse : une main projetée vers l’avant, une tête tournée, un corps qui semble attendre une réponse. L’interprétation conserve ainsi sa dimension physique, même lorsque les mots et leur rythme nous échappent.

Le plateau laisse le visage travailler
Avec peu d’éléments dans le cadre, un changement d’expression devient un événement. La lumière concentre l’attention et le fond sombre isole les contours. Ce type d’image oblige à choisir : suivre le geste entier ou se rapprocher du visage, garder l’espace autour du personnage ou resserrer la tension.
Les quatre vues réunies ici proposent plusieurs distances. Elles permettent d’observer une même présence sans chercher à expliquer chaque attitude. Une photographie de spectacle gagne parfois à conserver cette part d’incertitude : on reconnaît une intention de jeu, mais on laisse au spectacle vivant la liberté d’en révéler le sens et la suite.
Retrouver Typhus Bronx sur scène
Pour prolonger la découverte, le calendrier de l’artiste est le point de départ le plus direct. Il permet de distinguer les créations et les dates, puis de rejoindre les informations de la salle. Les images de cet article appartiennent à octobre 2023.
Ce que la série conserve avant tout, c’est une manière d’occuper le présent. Le conte semble moins enfermé dans un livre qu’en train de se fabriquer, avec les hésitations et les emballements de celui qui le porte. Typhus Bronx fait de cette fabrication un spectacle à part entière.
Photographies : Jean-Marie Siraut, octobre 2023.







