à quelques pasde chez vous

Typhus Bronx : un conte où le rire garde les dents pointues.

France · Hauts-de-France

Montataire

49° 16′ N, 2° 26′ E

Au Palace de Montataire, Typhus Bronx fait du conte un terrain d’instabilité. Quatre photographies pour approcher un clown dont le rire ne cherche pas à tout adoucir.

Typhus Bronx sur le plateau du Palace.

Photographies · octobre 2023

Retrouver la fiche de Montataire ↑

Un conteur qui ne tient pas en place

Le visage, le costume et les mains attirent immédiatement le regard. Dans les photographies prises au Palace de Montataire en octobre 2023, le personnage semble concentrer sur lui une grande partie de l’espace. Le décor laisse la place à une présence qui peut devenir tour à tour insistante, décalée ou inquiétante.

La série est courte. Elle ne prétend pas restituer tous les épisodes du spectacle, mais permet de saisir plusieurs états d’un même corps. Entre deux images, l’expression et la posture changent assez pour déplacer la relation avec le public. Le portrait d’un clown se construit ici dans cette instabilité.

Le costume et la silhouette concentrent le regard.
Le costume et la silhouette concentrent le regard.

Une petite histoire qui déborde

La présentation du spectacle par ART EN PROD annonce un solo de Typhus Bronx dans lequel une histoire ancienne ressurgit. Le conteur perd le fil, s’emmêle dans les mots et se laisse entraîner par ses émotions. Raconter devient donc une action risquée, capable de déborder celui qui pensait la maîtriser.

Le titre, La petite histoire qui va te faire flipper (tellement qu’elle fait peur), joue déjà de cet excès. Il promet une peur formulée avec une insistance presque enfantine, sans que le spectacle doive pour autant être considéré comme destiné aux petits. Le registre et l’âge conseillé sont à vérifier auprès du lieu de programmation.

Une expression saisie pendant le récit.
Une expression saisie pendant le récit.

Le clown comme trouble-fête

Le site de Typhus Bronx présente un personnage impulsif, traversé par des émotions qui prennent beaucoup de place. Cette ligne artistique invite à sortir de l’image du clown uniquement rassurant. Le rire peut naître d’un débordement, d’un malaise ou d’un comportement qui dérange les règles de la conversation.

La photographie ne dit pas à quel instant la salle rit. Elle montre en revanche les moyens visuels de cette adresse : une main projetée vers l’avant, une tête tournée, un corps qui semble attendre une réponse. L’interprétation conserve ainsi sa dimension physique, même lorsque les mots et leur rythme nous échappent.

Le corps prolonge l’adresse du conteur.
Le corps prolonge l’adresse du conteur.

Le plateau laisse le visage travailler

Avec peu d’éléments dans le cadre, un changement d’expression devient un événement. La lumière concentre l’attention et le fond sombre isole les contours. Ce type d’image oblige à choisir : suivre le geste entier ou se rapprocher du visage, garder l’espace autour du personnage ou resserrer la tension.

Les quatre vues réunies ici proposent plusieurs distances. Elles permettent d’observer une même présence sans chercher à expliquer chaque attitude. Une photographie de spectacle gagne parfois à conserver cette part d’incertitude : on reconnaît une intention de jeu, mais on laisse au spectacle vivant la liberté d’en révéler le sens et la suite.

Retrouver Typhus Bronx sur scène

Pour prolonger la découverte, le calendrier de l’artiste est le point de départ le plus direct. Il permet de distinguer les créations et les dates, puis de rejoindre les informations de la salle. Les images de cet article appartiennent à octobre 2023.

Ce que la série conserve avant tout, c’est une manière d’occuper le présent. Le conte semble moins enfermé dans un livre qu’en train de se fabriquer, avec les hésitations et les emballements de celui qui le porte. Typhus Bronx fait de cette fabrication un spectacle à part entière.

Photographies : Jean-Marie Siraut, octobre 2023.

Poursuivre la découverte

À découvrirBasinga à Montataire : le fil qui relie une ville.Un fil tendu au-dessus de la ville, une funambule et toute une organisation au sol : Basinga invite à regarder l’équilibre comme une relation collective.Lire l’article À découvrirNoires mines Samir : donner une place à une vie que l’on n’écoute pas.Au Palace de Montataire, un corps, une chaise et des vêtements suffisent à ouvrir une histoire plus vaste. Regard photographique sur le théâtre documentaire du…Lire l’article À découvrirL’Ascenseur Cosmique : quand un concert ouvre les pages d’une histoire.Musiciens au premier plan, dessins projetés à l’arrière : L’Ascenseur Cosmique de Monsieur Lune fait circuler le regard entre concert et récit. Une découverte au…Lire l’article À découvrirUn jour de neige : la magie commence dans les objets ordinaires.Une table, des journaux, une ombre : la compagnie L’Ombre fait vaciller un univers quotidien. Retour photographique sur Un jour de neige au Palace de…Lire l’article

Prolonger la découverte

Autour de ce lieu.

Des récits situés dans un rayon de 50 km. Distances à vol d’oiseau entre les repères des fiches de lieux, et non des trajets.

Reportages · Photographies · Contenus

Et si votre territoire devenait un récit ?

Vous représentez un territoire, un lieu culturel ou un projet artistique ? Je vous accompagne pour raconter ce qui le rend singulier, en mots et en images.

Découvrir les collaborations →

Lien externe : ouvre un nouvel onglet.