Photographies · septembre 2023
Retrouver la fiche de Montataire ↑
Lever les yeux, puis regarder autour
Une silhouette dans le ciel attire d’abord toute l’attention. Le fil est si mince qu’il semble disparaître, tandis que le balancier prolonge le corps de part et d’autre. Dans ces photographies de Montataire, prises en septembre 2023, les arbres et les toitures permettent de mesurer la distance qui sépare la marcheuse du sol. Mais pour comprendre Basinga, il faut aussi regarder celles et ceux qui restent en bas.
Les autres images montrent des personnes dans la verdure, près des maisons ou au bord d’une rue. Des cordes traversent leurs mains et dessinent des diagonales entre les corps. Le premier récit, Basinga à Montataire, parcourait ce paysage. Celui-ci s’arrête sur la compagnie et sur ce que sa manière de travailler rend visible.

Une direction artistique à deux voix
Basinga est installée à Sauve, dans le Gard. Son équipe réunit notamment Tatiana-Mosio Bongonga, funambule et codirectrice artistique, et Jan Naets, codirecteur artistique et directeur technique. Cette association compte : le projet artistique et la construction de ses conditions matérielles avancent ensemble.
La biographie publiée par Les Francophonies retrace la formation de Tatiana-Mosio Bongonga, de ses premiers apprentissages au Centre national des arts du cirque, dont elle sort en 2007. Elle cofonde Basinga en 2014 avec Jan Naets et Émilie Pécunia. Ce parcours éclaire une démarche qui ne s’arrête pas à la performance individuelle : le fil devient aussi un moyen de transmettre, de rencontrer et de faire une place à d’autres.

Les cordes rendent les liens visibles
Dans Lignes ouvertes, la compagnie nomme « cavaletti » les cordes qui relient le fil de marche au sol et limitent ses oscillations latérales. Des participants peuvent contribuer à leur maintien, accompagnés par l’équipe. Leur rôle n’est donc pas décoratif : ils font partie des conditions de la traversée.
Les portraits pris à Montataire donnent une présence à ce travail. Une personne regarde vers le haut, une autre garde les mains près de la corde ; les attitudes et les distances varient. La photographie permet de s’attarder sur ces gestes que le regard, attiré par la hauteur, pourrait manquer. Le spectacle existe aussi dans cette attention partagée, distribuée à travers le lieu.

Un spectacle qui se construit avec un territoire
Basinga présente Lignes ouvertes comme une forme conçue pour le lieu qui l’accueille. Une place, un bâtiment ou une perspective deviennent des points de départ pour imaginer la marche. La musique jouée en direct et la participation donnent à cette ligne une épaisseur humaine : le trajet n’est pas une simple distance à franchir.
Cette relation peut commencer avant la représentation. La rubrique action culturelle ouvre sur une autre part du travail de la compagnie, aux côtés de la recherche et de l’enseignement. Il est intéressant de regarder un spectacle avec cette durée en tête. Le moment visible par le public est l’aboutissement d’un travail ; il ne résume pas toutes les rencontres qui l’ont rendu possible.

À l’approche de Mosaïque 2026
Le festival Mosaïque revient du 24 au 27 septembre 2026 dans l’agglomération Creil Sud Oise. La Ville de Creil annonce des spectacles gratuits dans l’espace public et renvoie vers le programme de La Faïencerie pour les lieux, les horaires et les navettes. Ces photographies de Basinga appartiennent à 2023 : elles accompagnent un retour sur une démarche artistique, et non l’annonce de sa participation à l’édition 2026.
À Creil, le programme municipal annonce notamment Souimanga, celle qui danse, de la compagnie L’Homme debout, le 26 septembre 2026 à 20 h 30. C’est un autre prolongement aux récits du blog sur cette compagnie. Avant de partir, consultez le programme actualisé. Puis, devant les spectacles, gardez aussi un regard pour les bords de la scène : chez Basinga, c’est là que l’on découvre combien une personne dans les airs peut dépendre de tant d’autres.
Photographies : Jean-Marie Siraut, septembre 2023.






