Photographies · mai 2025
Une enfant géante se tient devant les façades de Beauvais. Autour d’elle, les spectateurs forment un cercle ; plus tard, des oiseaux apparaissent au-dessus des têtes et les lumières transforment la place. Le 24 mai 2025, La Cabane à Plume(s), de la compagnie L’Homme Debout, fait entrer une fiction dans le centre-ville. La série suit ce changement, des scènes de jour aux images nocturnes.
01 — Une enfant à l’échelle de la ville.

Dans la première image de jour, la place reste parfaitement reconnaissable : façades, arbres, sol minéral. La marionnette vient en modifier les proportions. Sa tête dépasse les personnes rassemblées ; ses bras et ses jambes composent une silhouette à la fois immense et fragile. Le spectacle commence déjà dans cette rencontre entre un corps fabriqué et un espace quotidien.
Plume est une enfant de dix ans représentée par une marionnette de huit mètres. Son histoire est celle d’une cabane menacée et d’oiseaux disparus qu’elle cherche à faire revenir. Le programme de l’ASCA présente cette aventure comme un appel à l’aide collective. La cabane était installée place Jeanne-Hachette dès le 19 mai 2025.
02 — Devant Saint-Pierre, deux monumentalités.

Devant la cathédrale, la géante change encore d’échelle. La pierre sculptée monte derrière elle, tandis que les vêtements colorés forment une bande dense au pied de la façade. Le cadre rapproche deux présences très différentes : un monument durable et une apparition qui ne restera que le temps du spectacle.
Cette rencontre n’est pas fortuite : l’événement s’inscrivait dans les célébrations des 800 ans de la cathédrale de Beauvais. Le programme annonçait un rendez-vous sur son parvis le samedi 24 mai à 11 heures. Ce contexte fait du bâtiment davantage qu’un arrière-plan : la création contemporaine participe ici à la manière de célébrer le patrimoine de la ville.

En se rapprochant, le regard quitte l’ensemble monumental pour les matières. Les costumes associent de longues franges, des couleurs vives et des volumes qui débordent les corps. Leur mouvement se devine dans les lignes irrégulières. La photographie permet de s’arrêter sur ces détails alors que la scène, elle, continue.
03 — Les oiseaux au-dessus des têtes.

Les longues perches ajoutent un autre étage à la rue. Au-dessus des visages, les formes d’oiseaux et les rubans composent une forêt de couleurs. Le cadrage garde les personnes qui les portent : l’effet visuel et le geste qui le produit restent ensemble dans l’image.
Cette dimension collective avait commencé avant les représentations. Dès novembre 2024, l’ASCA proposait des ateliers ouverts de création de coiffes, de bâtons et d’origamis pour préparer la rencontre avec Plume. Les photographies ne permettent pas d’attribuer chaque objet à un atelier précis ; elles montrent en revanche combien les accessoires et les participants occupent la scène, au-delà de la seule marionnette.
04 — Quand la lumière redessine Beauvais.

La nuit change la lecture de la géante. Les parties éclairées du corps se détachent, les structures les plus sombres s’effacent davantage. Au lieu d’embrasser toute la place d’un regard, l’œil suit des zones de lumière. Dans l’image d’ouverture du récit, l’hôtel de ville permet encore de situer la scène ; la cabane et Plume lui donnent une présence inhabituelle.

La dernière photographie resserre le cadre sur un oiseau. Les ailes occupent presque toute l’image, les plis accrochent le bleu, le fond devient sombre. Après les vues qui situent Beauvais, ce détail laisse davantage de place à la fiction. Le récit photographique passe ainsi du lieu partagé à une apparition, sans perdre ce qui les relie : une création qui prend corps au milieu de la ville.
05 — Retrouver le spectacle.
Retrouver la fiche de Beauvais ↑
La Cabane à Plume(s) — compagnie L’Homme Debout. Représentations à Beauvais les 23 et 24 mai 2025. Projet organisé par l’ASCA, La Batoude, Le Théâtre des Poissons, Le Conservatoire du Beauvaisis et la Ville de Beauvais. Le programme archivé permet de retrouver les lieux et les partenaires de cette édition.
Photographies : Jean-Marie Siraut, mai 2025.





